Prédominance du VIH/SIDA en RDC

La prévalence du VIH (15-49 ans) en RDC est estimée à 4,5% avec des extrêmes allant de 1,7% à 7%. L’épidémie est plus active chez les jeunes comme en témoigne la prévalence dans la tranche d’âge de 14-19 ans, estimée 3,6%. Ce taux de prévalence a atteint 20% chez les femmes victimes de violences sexuelles illustrant ainsi le rôle joué par les conflits armés dans la propagation de l’épidémie. Les tendances actuelles de l’épidémie montrent une tendance à l’aggravation aux dépends des jeunes, des femmes et des populations rurales dans les zones de conflits. La pauvreté généralisée aggravée par la guerre constitue le principal moteur de l’épidémie. La prévalence en milieu rural est passée de 3,8% en 2004 à 4,4% en 2005.

En plus, la migration interne, le comportement à risque répandu dans le pays, les infections sexuellement transmissibles, et le manque d'un approvisionnement sûr de sang sont aussi certains des défis auxquels la RDC fait fasse en ce qui concerne la lutte contre le VIH/SIDA dans ce pays.

Réponse Nationale concernant le VIH/SIDA

La réponse nationale contre le VIH/SIDA de la République Démocratique du Congo:

  • 1987 : création du Programme National de Lutte contre le VIH/SIDA et les IST ;
  • 1999 : élaboration du plan stratégique national (PSN) 1999-2008 de lutte contre le VIH/SIDA avec l’appui de l‘OMS, du PNUD et de l’ONUSIDA.
  • 2004 : Mise en place par décret présidentiel du Programme National Multisectoriel de Lutte contre le SIDA et les IST (PNMLS) sous la Haute autorité du Président de la République. La RDC bénéficie depuis le 8 octobre 2004 d’un don non remboursable de 102 millions de dollars US jusqu’au 31 août 2010, dont 7.4 millions pour le financement du SPE. Ce financement accordé au Gouvernement qui vise à appuyer la mise en œuvre du PSN 1999-2008 s’exécute et est placé directement sous la gestion du PNMLS.
  • 2005 : En janvier 2005, la République Démocratique du Congo a finalisé son plan stratégique national pour une augmentation importante des services d’accès au traitement antirétroviral pour la période 2005-2009. Le plan inclut des stratégies pour former répandu du personnel de santé pour que celui-ci puisse administrer le traitement antirétroviral, accroître le nombre de centre de soins et prévention, renforcer la capacité des laboratoires nationaux, et améliorer les réseaux de distribution et de gestion des antirétroviraux et autres médicaments et outils.

Réponse du secteur privé concernant le VIH/SIDA

En termes de secteur à haut risque du VIH/SIDA, les industries des mines, du transport, et de la forêt ont été déterminés comme étant les secteurs les plus vulnérables.

Le PNMLS et le Comité Interentreprises de Lutte contre le VIH/SIDA (CIELS) soutiennent le développement de programmes contre le VIH/SIDA dans le milieu du travail par le secteur privé. CIELS est une organisation à but non lucratif qui regroupe les entreprises privées, publiques, mixtes, organisations professionnelles d’employeurs et des travailleurs CIELS. La coalition est née d’un projet de partenariat public privé entre la Coopération Technique Allemande, GTZ et la multinationale Heineken dont Bralima est l’une des filiales. En février 2003, une cellule de coordination nationale a été mise en place à Kinshasa. Au cours de la même année, la cellule nationale a mis en place des cellules provinciales dans le Katanga, le Sud Kivu, la Province Orientale et le Bas Congo. Les membres du CIELS bénéficient des plaidoyers auprès des décideurs des entreprises et des syndicats; et du renforcement des capacités et soutien des programmes en milieu du travail.

En 2005, des représentants du secteur privé, guidé par le PNMLS et le CIELS, ont réussit à inscrire une disposition visant à encourager la mise en place des comités de lutte contre le VIH/SIDA dans la Convention Collective Interprofessionnelle Nationale du Travail (CCINT, Art.34). En 2006 et 2007, le PNMLS et le CIELS ont pour l’objectif l’élaboration d’une politique et stratégie nationales sur le VIH/SIDA en milieu du travail en collaboration avec l'ONU SIDA, le BIT et le Conseil National du Travail.

Selon l’étude « Etat des lieux sur la lutte contre le VIH/SIDA dans les entreprises membres du CIELS » les principaux problèmes relatifs au VIH/SIDA au niveau des entreprises peuvent être résumés comme : (i) une faible implication des responsables des entreprises dans la lutte contre la VIH/SIDA sur le lieu de travail (ii) une insuffisance des ressources propres des entreprises engagées dans la lutte, (iii) la plupart d’entreprises ne disposent pas de cadre normatif qui devrait orienter la lutte contre le VIH/SIDA en leur sein, (iv) la plupart d’entreprises n’ont pas réellement intégré la lutte contre la pandémie, les activités relatives à celle-ci sont exécutées en grande partie par des personnes externes à l’entreprise, (v) presque toutes les entreprises enquêtées ne sont pas suffisamment préparées à réaliser un suivi et une évaluation de l’impact du VIHSIDA sur la productivité, (vi) une réponse timide, voire non adaptée à la menace que constitue cette pandémie vis-à-vis des entreprises en particulier et du secteur productif en général.

Objectifs de mission:

L'objectif de cette mission du secteur privé dans la Lutte contre le SIDA était de continuer le dialogue avec le PNMLS (Programme National Multisectoriel de Lutte contre le SIDA) et les membres du secteur privé, ainsi que les bailleurs et les ONGs pour discuter d’accroitre les partenariats en support au Programme National de Lutte contre le SIDA de la République Démocratique du Congo. Les discussions inclurent le développement des politiques nationales de lutte contre le SIDA, et les directives en milieu de travail, l’expansion des capacités de gestion et de livraison de services au sein de la coalition d’entreprises(CIELS) pour la mobilisation de la réponse du secteur privé ; l’exécution d’autres stratégies de plaidoyer au niveau des secteurs prioritaires (les secteurs miniers, forestiers, et du transport) ; la création de liens pour accroitre l’accès aux ressources techniques et financières (relations bilatérales et multilatérales) ; et l’exploration du rôle de la société civile dans le renforcement des partenariats public-prive et l’accès aux services de prévention des soins et traitement du VIH/SIDA.

La mission revit:

  • Les conséquences de la suspension du financement du MAP en 2006 et les stratégies pour assurer un déploiement à temps du financement pour le secteur privé pour le restant de l’année 2007;
  • Les présentes initiatives du secteur privé pour répondre a la lutte contre le VIH/SIDA en RDC;
  • Les capacités de gestion et les activités de la coalition d’entreprises, CIELS (Comite Intra-Entreprises pour la Lutte contre le SIDA), pour l’engagement du secteur prive au niveau national et municipal;
  • Les mécanismes de renforcement de l’engagement du secteur privé, les processus de financement, et outils techniques de suivi et évaluation;
  • Les progrès au niveau du développement national de politique de lutte contre le VIH/SIDA en milieu de travail pour le secteur prive ;
  • Les stratégies pour accroitre l’implication du secteur privé dans la réponse nationale au VIH/SIDA, et le support technique et financier venant des bailleurs, et les liens avec la société civile en sa capacité de prestataire de service.

De plus, il lui a été demandé:

  • De revoir le plan d’action 2007 du CIELS et son budget;
  • De visiter Lubumbashi pour explorer les meilleures stratégies d’engagement des secteurs des mines et du transport dans la lutte contre le VIH/SIDA, et rendre compte du statut et des capacités des PNMLS au niveau municipal et du CIELS dans ses efforts.

Résultats:

PNMLS – Bureau National

  • Au cours de 2006, seuls deux projets pour le secteur privé ont été financés par le MAP : CIELS et FORC. De plus, plusieurs sociétés approuvées en 2005 n’ont jusqu’à présent pas encore reçu leur deuxième tranche de financement. La suspension des fonds MAP en 2006 a ralenti les progrès de lutte contre le SIDA au niveau de tous les secteurs; le nombre d’activité de prévention on largement diminue au niveau de tous les secteurs, et la distribution des préservatifs, des tests, des agents réactifs, et des ARVs a beaucoup ralenti. La suspension des fonds a également eu comme conséquence une diminution significative de motivation des acteurs du secteur privé.
  • Le PNMLS a suggéré que les demandes restantes du financement MAP (que se soit les soumissions de 2006 ou les deuxièmes tranches de 2005) soient réincorporées dans les demandes de financement de 2007. Tandis que ceci semble être une solution pratique, il convient de noter que cette stratégie présente un obstacle additionnel pour l’accès au financement du secteur privé (en particulier vu qu'il ne reste que six mois en 2007), et retardera certainement plus le déboursement des ressources nécessaires pour les activités du secteur privé. Par conséquent, le PNML devrait reconnaitre que le secteur prive devra recevoir une assistance supplémentaire pour expédier le processus de soumission, d’approbation, et de financement, une fois que les mécanismes et les ressources seront disponibles.
  • L'AGF a récemment présenté un outil de gestion financière électronique qui sera utilise par les sous-bénéficiaires du MAP pour fournir des rapports financiers opportuns et précis à l’agence. On l'espère que cet outil réglera les problèmes de rapports financiers inachevés soumis pour évaluation des projets par les sous-bénéficiaires du MAP pour la composante du secteur privé ; ce problème est l’une des raisons du retardement au niveau des financements de 2005. Jusqu'ici, seulement un membre du secteur privé - CIELS - a été formé pour utiliser l'outil et a avec succès utilisé le système pour fournir son rapport financier. Pour que cet outil soit efficace et avantageux pour le secteur prive, il est important qu’une stratégie de formation soit mise en place.
  • La mission a noté en général une faible mobilisation du secteur privé. Une question importante a plusieurs fois été posée durant la mission concernant le besoin de mobiliser le leadership du secteur prive. L'incapacité d'engager les chefs d’entreprises dans la lutte contre le VIH/SIDA au niveau national et au sein de la coalition a limite l’efficacité du CIELS et du PNMLS.
  • Le PNMLS a rédigé un accord avec le CIELS qui fournira au CIELS l'autorité et la formation nécessaire pour fonctionner comme un premier centre d’assistance technique pour les projets de la composante secteur privé du MAP avant leur soumission. (Voir l'annexe 1 pour le premier draft)
  • Le BIT a engagé 63,000.00 USD pour assister le PNMLS, en collaboration avec le ministère du travail, le PNUD, CIELS et d'autres partenaires, pour créer une politique nationale de lutte contre le SIDA en milieu de travail et impliquer le secteur privé dans la stratégie nationale de lutte contre le VIH/SIDA. Le PNMLS a soumis un draft de termes de référence au BIT, et à la demande de celui-ci est entrain de réviser sa stratégie pour inclure un plaidoyer secteur privé aux communautés et a la société civile.
  • En plus du manuel du secteur privé décrivant le processus de soumission, le PNMLS est entrain de développer un manuel pour aider les sous-bénéficiaires dans l'exécution financière et technique, et le suivi et évaluation des projets MAP ; ce qui est critique à la réussite des activités de lutte contre le VIH/SIDA du Secteur prive et au financement future des activités du secteur privé.
  • Le plan d'action de 2007 du MAP a été soumis à la Banque en mars pour la non-objection. L'approbation de la banque mondiale est en cours.
  • Un nouveau Chef d’équipe (Task Team Leader-TTL) a été désigné en mars 2007 et est pour l’instant basé à Nairobi, au Kenya avec l’intention de relocaliser en RDC d’ici juillet 2007. Par manque de coordination et de temps ; nous n’avons pas pu rencontrer le nouveau TTL Jean-Pierre Manshande. La mission a l’intention d’organiser une téléconférence avec les membres du PNMLS, CIELS, et de la Banque Mondiale pour discuter des résultats de la mission et des recommandations.

PNMLS – Katanga Office

  • Le point focal du bureau du PNMLS-Katanga à multiples responsabilités et s’occupe aussi bien du secteur public, que du secteur privé et de la société civile. En conséquence, la composante secteur privé n'est pas accordée l’attention nécessaire et n’a donc pas complètement été intégré dans le plan stratégique national, en collaboration avec le bureau national du PNMLS et le CIELS-Katanga. Une fois que les capacités du CIELS-Katanga auront été renforcées, l’organisation deviendra une source de support et un mécanisme pour le PNMLS d’engager le secteur privé au niveau municipal.
  • Aussi, un plan de suivi et évaluation pour la province a été créée, mais n’a pas encore été implémenté. Par conséquent, aucune information n'est disponible sur des activités conduites localement en dehors de Lubumbashi. Etant donné que la majorité des activités du secteur minier sont situées en dehors de Lubumbashi, il est critique que le PNMLS-Katanga, avec l'appui du bureau national du PNMLS, de commencer à évaluer les activités du secteur privé au niveau local dans toutes les provinces.
  • Il était clair de la réunion de la mission avec le PNMLS-Katanga qu'il faudrait un meilleur rapport entre le PNMLS central à Kinshasa et ses bureaux au niveau municipal, y compris une amélioration au niveau de la communication et des politiques de coordination, de développement de standardisation des processus de suivi et évaluation, et de provision de conseils sur l'exécution des projets et la gestion financière. Le PNMLS central devrait également fournir les outils nécessaires et les conseils sur les politiques et les programmes en milieu de travail à ses bureaux au niveau municipal.

CIELS – Bureau National

  • CIELS a reçu un petit financement du MAP en 2006 ($35.000) pour mettre en application un projet de renforcement de capacités d’une durée de six mois. Bien que la demande de projet ait été soumise en mars 2006, le financement n'a été reçu qu'en novembre 2006, ralentissant sévèrement le calendrier d'exécution de l'activité. Le projet a été officiellement clôturé en mars 2007.
  • Un des problèmes principaux et fondamentaux identifié par la mission concernant la gestion et les capacités techniques du CIELS, était l’absence de description de tâches bien articulées, et de mesures de performance pour les membres du secrétariat. Ceci laisse le CIELS sans conseils suffisants ou outils pour mesurer, évaluer et augmenter les performances du personnel.
  • CIELS n’a pas encore détermine un nombre bien défini de services ou d’activités à offrir à ses membres, ce qui limite la capacité de l'organisation à attirer de nouveaux membres, à engager les chefs d’entreprises, et à exiger à ce que les membres existants payent leur cotisations qui sont nécessaires pour la survie de la coalition.
  • La mission a travaillé avec le CIELS pour mettre à jour le plan d'action 2007 de la coalition et pour concentrer ses activités sur cinq catégories principales : 1) Renforcement des capacités de gestion de la coalition au niveau du secrétariat et du conseil d’administration (la mission a encourage le CIELS a accepter l'offre de la GTZ pour évaluer le travail du CIELS afin d'informer ce procédé et d'autres pour le futur développement de la coalition) ; 2) développement des stratégies pour engager la haute direction du secteur privé dans la lutte contre le VIH/SIDA ; 3) création des capacités de suivi et évaluation aussi bien pour les processus intérieur et extérieur des activités des membres du CIELS (y compris l’ identification et l’adaptation des outils et guides de suivi et évaluation des politique de programmes en milieu de travail (c.-à-d., l'outil ACCA, outils d’analyse des couts et bénéfice, et l’outil interactif de suivi et évaluation en milieu de travail de la GTZ/GBC) ; 4) renforcement des capacités de trois bureaux de CIELS au niveau municipal ; 5) fourniture d'assistance technique aux membres pour l’implémentation des programmes VIH/SIDA.

CIELS – Bureau de Katanga

  • CIELS-Katanga a été établi en 2003 avec un engagement financier de deux ans de la GTZ clôture en 2005. Actuellement, il n'y a aucune aide financière additionnelle pour maintenir la coalition, et par conséquent il n'y a aucun personnel payé pour la coalition. La coalition est contrôlée par le président (FEC), le vice-président (CMDT) et le Secrétaire/Trésorier.
  • Quelques sociétés dans la région de katanga et d’autres régions ont des programmes qui sont considérés comme étant meilleures pratiques et devrait être utilisés par le CIELS dans son renforcement de plaidoyer pour accroître ses membres. Un exemple parfait de ce cas est la Caisse de Solidarité créée par BRASIMBA. En début 2005, BRASIMBA un fond VIH/SIDA auquel chaque employé contribue 2.000 USD par an. L'argent rassemblé permet de compléter le coût de traitement des PVVIH de l’entreprise. En raison de cet arrangement, les employés séropositifs en besoin de traitement ne sont requis de payer qu’ 1/3 du coût de leur traitement. A partir de mai 2007, la contribution des PVVIH sera réduite encore plus.
  • Il n'y avait aucun système de suivi et évaluation formelle des activités effectuées sous le financement de la GTZ. Les activités courantes du CIELS-Katanga incluent des formations des pairs-éducateurs et de changement de comportement, la promotion du préservatif, et l’engagement des chefs d’entreprises dans la coalition. Ces activités sont effectuées en coordination étroite avec PNMLS-Katanga.
  • Il y a une communication et appui technique minimal entre le CIELS-Kinshasa et les bureaux du CIELS dans la province de Katanga.

Recommendations et prochaines étapes:

Veuillez contacter un membre de l'équipe de CCA pour plus d'information

 

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