L’Epidémie du VIH/SIDA au Mali

Le Mali continue d’être parmi les quelques pays africains de la région Sub-Saharienne avec une basse épidémie de la prédominance VIH/SIDA dans la population générale. En 2005, l’ONU SIDA a estimé qu’environ 140000 adultes et enfants au Mali vivaient avec le VIH/SIDA, avec une prédominance d'adulte de 1.9 pour cent. Une plus forte présence dans des populations de pont, telles que les conducteurs de camion et les fournisseurs, peut cependant annoncer une épidémie plus large.

Selon l’Onu SIDA, 55 pour cent d'adultes, âgés de 15 à 49, vivant avec le VIH/SIDA au Mali sont des femmes. Les données de surveillance de sentinelle de 2002 indiquent que 3.3 pour cent environ de femmes enceintes sont atteintes du VIH. Les travailleuses de sexe sont particulièrement vulnérables à VIHV, mais la surveillance de cette population a produit les chiffres contradictoires. La prédominance parmi les travailleurs de sexe à Bamako, la capitale, est tombée de 39 pour cent en 1987 à 23.1 pour cent en 2000, alors que la prédominance parmi les travailleurs de sexe dans les autres régions augmentait de 16 à 49 pour cent à cette même période.

Une migration saisonnière significative des ouvriers agricoles de Côte d’Ivoire, du Sénégal, et de la France pendant la saison sèche au Mali pourrait avoir un effet sérieux sur la diffusion du VIH au Mali dans les prochaines années. La migration régulière à destination et en provenance de la Côte d’Ivoire, qui a la prédominance du VIH la plus élevée en Afrique occidentale, pose des risques particuliers.

La Réponse Nationale

La réponse nationale du gouvernement du Mali a été faible jusqu'ici, principalement en raison d’une mauvaise gestion du programme national de lutte contre le SIDA (PNLS). Cependant, les changements récents du ministère de la santé et de la conduite de PNLS signalent un engagement plus fort à combattre l'épidémie.

En décembre 1999, le PNLS a développé sa troisième stratégie VIH/SIDA 2001-2005. Cette stratégie, visée par son acronyme français, PMT3, trace les nouveaux objectifs suivants :

  • Favoriser une réponse multisectorielle au VIH/SIDA par la participation active des chefs politiques et civils de société à tous les niveaux (des établissements de gouvernement et des organismes de la communauté) ;
  • Favorisez le changement de comportement parmi les populations vulnérables et la population générale pour diminuer le risque d'infection par le VIH ;
  • Améliorez la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH/SIDA ;
  • Diminuer ou réduire au minimum la transmission de mère à enfant du VIH;
  • Assurer le diagnostic et le traitement de l'infection sexuellement transmissible surtout concernant les équipements de santé;
  • Alléger les fardeaux de l'impact du VIH/SIDA sur les familles et les communautés;
  • Développer des normes et des lois qui respectent la dignité et les droits des personnes infectées;
  • Augmenter l'assurance de santé et développer la capacité de gens du pays et de communauté;
  • Assurer la sûreté de transfusion sanguine ; et
  • Rassembler et disséminer les données épidémiologiques sur la population générale ; populations vulnérables ; et l'impact de l'épidémie du VIH/SIDA dans les secteurs urbains et ruraux.

Le Gouvernement de la République du Mali a entrepris en 2004 une vaste reforme de sa politique nationale de lutte contre le VIH/SIDA. Il a réorganisé le Haut Conseil National de lutte contre le VIH, organisme de haut niveau, chargé de coordonner la lutte qui a été revu dans composition afin d'y faire plus de place de façon paritaire entre les parties prenantes de la lutte contre le VIH/SIDA à savoir le secteur public, le secteur privé et celui de la société civile, renforçant ainsi son caractère multisectoriel. Le Secrétariat Exécutif, chargé de son animation a été crée. Le Gouvernement a également adopté en avril 2004 une Déclaration de Politique.

Pour mener à bien cette politique il a obtenu un appui important de la communauté internationale dont un financement du Fonds Mondial, un Don de l'Association internationale de développement (IDA) et un financement du Fonds Africain de Développement.

Le secteur privé Malien

L'activité économique du Mali est en grande partie confinée au secteur riverain, tout au long du fleuve Niger. Environ 10% de la population est nomade et environ 80% de la main-d'oeuvre est dans l’agriculture ou la pêche. L'activité industrielle est concentrée au niveau de la sous-traitance des produits agricoles. Son exportation principale est le coton.

Le secteur privé malien est divisé en plusieurs entités comprenant les secteurs formel et informel, les syndicats, les entreprises privées et publiques, les multinationales, les établissements privés et les associations professionnelles. Le Conseil National du Patronat Malien (CNPM) et le Centre du Secteur Privé (CSP) sont les organismes principaux de regroupement du secteur privé et incluent parmi leurs membres les entreprises nationales et multinationales de toutes tailles.

Au Mali, le secteur privé informel constitue plus de 60% du secteur privé, et donc est l’un des contribuant les plus important du PNB du pays.

En termes de secteur à haut risque, les industries des mines, du transport, de l’agriculture et du tourisme, ainsi que les travailleuses de sexe, ont été déterminé comme étant les secteurs les plus vulnérables.

Par suite des études sur les conséquences du VIH/SIDA en Milieu de travail, une Coalition d’entreprises du secteur privé (CSP) à été créée pour développer les capacités de réaction des entreprises et réduire l’impact de la pandémie dans le milieu des entreprises. Les objectifs de la coalition sont orientés vers le développement d'une vision stratégique à long terme, d’une mobilisation des ressources, d’un soutien des efforts de plaidoyer ainsi que du développement d'un partenariat entre le secteur public et privé et la société civile

Objectifs de mission:

L’objectif de cette première mission du VIH/SIDA pour le secteur privé, était de commencer un dialogue avec le HCNLS et la CSP sur la façon de mieux engager le secteur privé malien dans la lutte contre le VIH /SIDA. Les discussions inclurent une évaluation de la composante secteur privé du projet MAP pour le Mali ; des stratégies de promotion de la coalition d’entreprises afin d’accroître la participation des entreprises locales, et plus particulièrement des PMEs et du secteur informel ; et des façons de mieux engager le secteur privé pour profiter des ressources additionnelles et de les accroître.

La mission revit:

  • La présente stratégie nationale d’engagement du secteur privé dans la lutte contre le VIH/SIDA ;
  • Le statut de la composante secteur privé du projet MAP au sein du HCNLS;
  • Les mécanismes d’engagement du secteur privé; tels que les formulaires de demande de projet, les critères d’éligibilité, les dépenses autorisées, et le processus de révision des projets
  • Le statut et la composition de la coalition d’entreprises
  • Les stratégies pour accroître la participation du secteur privé à l’échelle nationale dans la lutte contre le VIH/SIDA.

De plus, la mission fut chargée:

  • D’assister le point focal du HCNLS (Dr. Youssouf Diallo) et le coordinateur de la coalition d’entreprises à inciter plus d’entreprises du secteur privé malien à joindre la coalition en tant que membres
  • Identifier les obstacles entravant le financement des projets du secteur privé, et suggérer des solutions pouvant être appliquées pour faciliter le processus d’accès aux fonds du projet MAP
  • Assister le HCNLS à développer une stratégie de communication pour la composante secteur privé du projet MAP.

Résultats:

Processus de soumission des projets pour le MAP et financement

  • Le HCNLS a un point focal responsable des dossiers pour les secteurs public et privé et la société civile du programme MAP. En mars 2005 de par un appel d’offre, Plan International, une organisation d’envergure humanitaire spécialisée dans l’assistance au développement de l’enfant obtint le contrat pour la gestion du processus d’approbation et de financement des activités du programme MAP. Aussi, dans certains cas, Plan serait chargé de la stratégie de communication et de promotion du programme MAP pour les secteurs public et privé, et pour la société civile. Pour éviter tout conflit d’intérêts, le HCNL et Plan créèrent l’Agence de Gestion des contrats (AGC) pour effectuer les services cités ci-dessus comme définis par le HCNLS.
  • Bien que n’importe quelle entité du secteur privé légalement reconnue, existent depuis trios ans au minimum, et capable de répondre aux exigences de cofinancement de projet, ait accès aux fonds du projet MAP, la majorité des projets soumis et approuvés sont de la société civile. Les taux de cofinancement pour le secteur privé étant trop élevés, la plupart des entreprises ont beaucoup de mal à débourser de tels montants ; ce qui n’est pas le cas pour la société civile qui n’a pas à remplir les conditions de cofinancement.
  • Il est attendu des entreprises du secteur privé qu’elles avancent 50% comptant du montant total du projet quand il s’agit d’un programme dédié rien qu’aux employés d’une entreprise, et 25% quand ce programme couvre aussi bien les employés de l’entreprise que leurs familles. Par contre, les entreprises sont financées à 100% si le programme qu’elles proposent couvre toute une communauté. Malheureusement très peu d’entreprises ont les capacités et l’expérience nécessaires pour mener à bien de tels projets. Aussi, toutes entreprises voulant soumettre un projet doit avant tout faire parti de la coalition d’entreprises.
  • En ce qui concerne le processus de financement, toute entreprise intéressée à un projet VIH/SIDA en son sein, et financé par le MAP peut soumettre une demande à l’AGC. Celle-ci en 24 heures accuse réception, et normalement en 30 jours devrait pouvoir approuver ou rejeter le projet. Si le projet est approuvé elle-ci le renvoie au soumissionnaire avec les corrections nécessaires pour une approbation finale et le financement du projet. La mission c’est rendu compte que cette dernière étape était la plus longue du au temps que prend le soumissionnaire à renvoyer son dossier à l’AGC par manque d’assistance. Jusqu’ici sur 46 projets soumis pour financement du MAP, seuls 6 se focalisent sur le secteur privé.

La Coalition d’entreprises

Bien que la Coalition du Secteur Privé (CSP) ait été créée en décembre 2005, celle-ci ne fut inaugurée officiellement qu’en mars 2006, une fois que le coordinateur fut recruté. La CSP est pour l’instant compose de 10 membres dont 8 sont des multinationales, et 7 sont membres de SIDA ENTREPRISES. Monsieur Vincent Oblet de CFAO Mali en est le directeur, et Dr. Moctar Diallo le coordinateur. La CSP est une organisation de membre pour l’instant financée par les fonds du programme MAP à $120,000.00. Les frais d’adhésion sont à 300,000 CFA par membre soit l’équivalent de $600 par an.

  • La mission discuta de la vision de la CSP et de sa stratégie pour accroître la participation du secteur privé dans la lutte contre le SIDA au Mali. La CSP a décidé de se concentrer sur l’attraction d’entreprises à plus grand nombre d’employés. Ils penseront aux petites et moyennes entreprises et au secteur informel plus tard
  • Le nombre visé de compagnies de membre est de 20 pour l’année 2006, à une moyenne de 3 à 4 par mois. On s'attendra à ce que ces compagnies s'engagent dans des programmes de prévention et de traitement au sein de leur entreprise et dans les communautés dans lesquelles elles se trouvent.
  • Les HCNLS et les CSP ont signé une convention qui prévoit de favoriser :
    - une vision à long terme pour le secteur privé,
    - la mobilisation des ressources,
    - le développement des associations entre le secteur privé, la société civile et le secteur public,
    - la promotion des activités de SE/HCNLS,
    - suivi et évaluation, et
    - gestion et coordination de la coalition d'entreprises et de toutes ses activités.

Stratégie de Communication

Les outils de communication suivants pour la composante secteur privé du programme MAP ont été révisés :

  • Formulaire de soumission; et
  • Guide de Soumission (pour accompagner le formulaire de soumission)

Ces outils ont été révisés avec le point focal de secteur privé de HCNLS qui incorporera les changements convenus du nouveau guide devant être soumis à la Banque Mondiale.

Prochaines étapes:

Une mission de suivi.

 

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